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À peine sortis du collège, ces ados apprennent à servir impeccablement à table.
"Ici, personne n’est là par choix." Ces élèves de l’École hôtelière de Paris l’avouent sans fard : ils auraient préféré la filière générale, plus prestigieuse. Tirés à quatre épingles et disséminés entre les cuisines et la salle, ils se forment en situation réelle, en servant les plats à de vrais clients. Situé non loin du parc Monceau, leur établissement est coté et l’apprentissage se fait dans les règles de l’art. "Si vous êtes ici, c’est pas pour travailler dans des bouis-bouis, sinon ça sert à rien", assène un enseignant. La liste des plats à annoncer, le délicat maintien d’un morceau de pain entre une fourchette et une cuillère, l’ouverture d’une bouteille de vin : tout donne du fil à retordre à ces adolescents vifs à l’œil rieur. Comme ses autres camarades en salle, Elma a interdiction de s’asseoir et se mord les doigts d’avoir mis des talons ("Mes jambes sont en train de me lâcher !"). Plongée avec ses élèves dans le service, une formatrice ne les lâche pas d’une semelle. Elle soupire parfois devant ces gamins peu impressionnés par l’autorité, souvent rétifs au rôle de composition qu’une orientation en lycée pro, la plupart du temps à la suite d’un échec scolaire, leur a fait endosser.
Précipités dans l’âge adulte
Au fil de l’apprentissage et des stages, certains lycéens prendront goût au métier, d’autres renâcleront. Beaucoup auront la sensation d’avoir été précipités dans l’âge adulte et précocement mis au service des autres. "Ce métier, qui est super beau, il n’est pas considéré par certains clients", déplore un jeune homme. Fine mouche, la caméra de Julie Talon capte les gestes précis exigés, le soutien rude mais réel de la maîtresse d’apprentissage, le sexisme latent d’un milieu professionnel qui privilégie le paraître et où les filles sont souvent félicitées pour leur beauté, les fous rires et les confidences livrées entre deux services. En cinéma direct, sous le regard complice d’une réalisatrice habituée à filmer la jeunesse (Préliminaires, diffusé par ARTE en 2021), une immersion fiévreuse auprès d’élèves confrontés au déterminisme social, qui tentent de trouver leur voie.
Autrefois terre d’immigration, il est aujourd’hui l’un des fers de lance de la politique anti-migrants menée par Donald Trump. Porté par le pétrole et l’IA, le Texas attire des entreprises influentes, à commencer par celles d'Elon Musk, allié puissant du président américain.
La présentation en sélection officielle à Cannes de "La bataille De Gaulle", avec Simon Abkarian dans le rôle du général (et futur président de la République) Charles De Gaulle nous a donné envie, par extension, d’un sujet dans "Blow up" sur les présidents français au cinéma.
Le 27 janvier 2026, Narendra Modi, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et Antonio Costa, le président du Conseil européen, ont signé un accord historique, commercial et sécuritaire, rendu possible par le contexte géopolitique.
Les Européens choisissent donc de miser sur l’Inde, et réciproquement, même si l’UE sait que le pays de Narendra Modi joue plusieurs cartes diplomatiques à la fois, celle des BRICS+ notamment.
Bruce Beresford signe une comédie mélancolique dont le charme tient beaucoup à son irrésistible duo d'acteurs, Jessica Tandy et Morgan Freeman.
Atlanta, fin des années 1940. Après un accident de voiture qui a failli lui coûter la vie, Daisy Werthan, une vieille lady juive, indocile institutrice à la retraite, se voit contrainte par son fils de prendre un chauffeur. Recruté, Hoke, un sexagénaire noir philosophe, va alors déployer des trésors de patience et d'humour pour apprivoiser le dragon au cœur verrouillé, qui ne cesse de maugréer sur la banquette arrière. Peu à peu, une amitié se noue entre "Miss Daisy" et son chauffeur.
De peu de mots
Adaptée d'une pièce de théâtre, cette comédie mélancolique de Bruce Beresford, sur laquelle les studios hésitaient à parier, connut contre toute attente un grand succès public à sa sortie, avant de rafler une moisson de prix. C'est que cette histoire d'amitié de peu de mots entre deux êtres au crépuscule de leur vie touche par sa simplicité et son rythme – Miss Daisy déteste la vitesse, et raffole d'interminables parties de mah-jong. Elle apprend à lire à Hoke, et lui sait bien qu'il lui tient compagnie, même si elle s'en défend. Sur fond de Sud ségrégationniste, et au lendemain du désastre en Europe, que la vieille dame évite d'évoquer, la ligne des voitures se modernise, marquant le temps qui passe, jusqu'aux années 1970. Si le film n'évite pas les clichés hollywoodiens sur l'Afro-Américain au grand cœur, son charme tient à l'humour et à l'irrésistible numéro composé par ses acteurs, le classieux Morgan Freeman, jamais dupe de sa partition trop huilée, et la très Anglaise et drolatique Jessica Tandy. Logiquement primés pour leur performance, tous deux lui insufflent de la finesse.
Une captivante enquête archéologique qui livre un précieux témoignage sur l'art funéraire de l'Ancien Empire.
Au sein de la vaste nécropole de Saqqara, qui s'étend sur des kilomètres dans le désert près du Caire, le site funéraire du roi Pépi 1er impressionne par son ampleur. La pyramide royale est entourée de celles plus modestes des épouses du pharaon et des tombes de hauts dignitaires du royaume. Rectangulaires, ces mastabas en calcaire, aujourd'hui en ruine, ressemblaient à de grandes maisons de pierre. En fouillant l'un d'eux, les chercheurs de la mission franco-suisse de Saqqara, dirigée par l'égyptologue Philippe Collombert, se retrouvent confrontés à un mystère : les bas-reliefs qui relatent la vie du défunt sont quasiment identiques à ceux du tombeau d'Ouni, puissant vizir de Pépi 1er, découverts dans une autre nécropole à Abydos, à 400 kilomètres de distance… Pourquoi Ouni aurait-il eu deux tombeaux ? Une fois la piste de l'usurpateur écartée et l'identité du vizir avérée sur les inscriptions des deux sépultures, archéologues et égyptologues tentent de comprendre où cet éminent personnage a réellement été enterré. Et comment interpréter cette étrangeté au regard des croyances égyptiennes et des changements en cours dans le royaume à cette période ?
Les secrets d'Ouni révélés
Au fil des fouilles, de nombreux indices exhumés des sables aident à résoudre l'énigme. Des vestiges d'une qualité exceptionnelle sont mis au jour, dont de spectaculaires blocs sculptés, qui ornaient autrefois les pièces principales du tombeau du vizir Ouni, ainsi que des statues et d'intrigantes céramiques. Les scientifiques découvrent aussi une tombe adjacente plus réduite. Parfaitement conservée, cette véritable œuvre d'art, ornée d'extraordinaires peintures colorées, appartient à un grand médecin du royaume, Teti Neb Fu. Accompagnant sur le terrain les chercheurs dans leur quête, ce documentaire retrace une aventure archéologique hors normes, qui livre de précieux témoignages sur les secrets de l'art funéraire de l'Ancien Empire, le premier âge d'or de l'Égypte ancienne, mais aussi sur cette période tumultueuse d'intrigues de cour et de profonds bouleversements de l'ordre social.
Entre 2002 et 2011, des employés de la famille royale, des politiques, des anonymes et même des victimes de crime ont été espionnés via des milliers d’écoutes téléphoniques illégales orchestrées par News of the World, le tabloïd phare de Rupert Murdoch. Jack Thorne (Adolescence) retrace ce scandale majeur dans un thriller mordant et brillamment interprété.
Épisode 1
Londres, décembre 2008. Journaliste d’investigation freelance pour le Guardian, Nick Davies est informé par une source anonyme de pratiques généralisées d’écoutes téléphoniques illégales orchestrées par le tabloïd hebdomadaire News of the World, fleuron du groupe de presse créé par le magnat Rupert Murdoch, avec la complicité de policiers. Très vite, il réalise qu'Andy Coulson, ex-rédacteur en chef du journal ayant démissionné suite à un premier scandale – le piratage prouvé des messageries d'employés de la famille royale – pourrait être impliqué. Désormais directeur de la communication du Parti conservateur, dont est membre David Cameron, probable futur Premier ministre, Coulson, comme toute la direction du tabloïd, affirme que ce manquement passager a été l'œuvre d'un journaliste véreux, licencié et condamné en justice. Après avoir convaincu Alan Rusbridger, son rédacteur en chef et ami, Nick se lance dans une enquête à haut risque pour faire éclater la vérité, malgré le silence assourdissant du reste de la presse et l’obstruction de Scotland Yard…
Retrouver les autres épisodes de la série en cliquant ici.
Jadis fervents amants, les deux comédiens sont restés profondément liés jusqu’à la disparition de l’actrice, en 1982. Au travers d'archives et de témoignages, cet émouvant documentaire retrace l’histoire d’un couple éternel.
Alain Delon a 22 ans et est encore inconnu du grand public lorsque Romy Schneider, de trois ans sa cadette et propulsée au rang de star par la saga Sissi, le choisit pour lui donner la réplique dans Christine. La célèbre actrice allemande et le rebelle Français au regard bleu acier succombent lors du tournage à une passion qui durera cinq ans. Mais tandis que Delon affirme son talent dans Plein soleil, la carrière de sa fiancée s’enlise. Luchino Visconti, qui a dirigé l’acteur dans Rocco et ses frères, la relance en les réunissant dans la pièce Dommage qu’elle soit une putain, qui révèle le génie de Romy au public hexagonal. Fin 1963, de retour des États-Unis où elle honorait un contrat avec la Columbia, la comédienne trouve en guise d’accueil un mot d’adieu : "Je te rends ta liberté en te laissant mon cœur." Alain l'a quittée pour la future Nathalie Delon, avec qui il aura un fils l’année suivante. En proie à la dépression, Romy fuit à Berlin, où ses rêves de théâtre s’évanouissent rapidement. Mariée au metteur en scène Harry Meyen, qui l’initie aux tranquillisants, et mère d’un petit David né en 1966, elle s’enferme dans une vie domestique qui l’écrase. C’est Alain Delon qui la sort de l’impasse, en l’imposant dans La piscine (1968) de Jacques Deray, où leur complicité éclabousse l’écran. Dès lors, pendant une décennie, l’actrice enchaîne les rôles incandescents, notamment chez Claude Sautet, et les passions vouées à l’échec – avec le regretté Jean-Louis Trintignant, sur le tournage du Train, ou encore Jacques Dutronc, son partenaire dans L’important c’est d’aimer. Alain, lui, s'épanouit aux côtés de Mireille Darc et poursuit son ascension, de polars melvilliens (Le cercle rouge) en fictions plus commerciales (Mort d’un pourri, Flic Story…). À l’affiche de L’assassinat de Trotsky de Joseph Losey, les anciens amants partagent succès et drames : à la mort tragique de David, le fils adolescent de Romy, Alain accourt pour lui apporter son soutien. Un an plus tard, c’est lui qui se chargera d'organiser les obsèques de l’actrice, décédée le 29 mai 1982.
Trajectoires parallèles
"Ils se sont séparés mais ne se sont jamais quittés", résume le journaliste Luc Larriba. De leur idylle naissante aux hommages posthumes de Delon à celle qui a lancé sa carrière, Olivier Monssens raconte l’émouvante relation de ces fiancés éternels, qui se sont aimés par-delà leur rupture. Émaillé de formidables archives (dont le savoureux récit de leur première rencontre sur le tarmac d’Orly par Jean-Claude Brialy) et de témoignages passionnants (comme ceux des réalisateurs Volker Schlöndorff et Costa-Gavras ou de la journaliste féministe Alice Schwarzer, qui a longuement interviewé l’actrice en 1976), le documentaire éclaire d’un jour nouveau les trajectoires intimes et professionnelles de ces deux icônes du cinéma.



