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Une analyse fouillée des raisons de cet aveuglement et du défi que représente le réarmement du continent face à la menace russe et au risque de désengagement américain de l’Otan.
Après l’éclatement de l’URSS, l’idée que la guerre appartiendrait au passé s’est installée en Europe. La plupart des pays ont réduit leurs investissements militaires, privilégiant les dépenses sociales et comptant, pour leur protection, sur les États-Unis via l’Otan, l’alliance créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour contenir l’expansion soviétique. Mais aujourd’hui, ce modèle vacille. Alors que la Russie de Vladimir Poutine mène une guerre meurtrière en Ukraine et déstabilise les démocraties libérales à travers des opérations hybrides, les Européens font également face aux attaques des États-Unis, qui ont le sentiment depuis longtemps déjà d’être les seuls à payer pour la sécurité du continent. Donald Trump est même allé jusqu’à envisager d’annexer le Groenland, territoire autonome du Danemark faisant partie de l’Otan. Sous sa pression, et face aux périls qui les guettent, les pays membres de l’organisation investissent aujourd’hui massivement dans leurs industries de défense et leurs armées, pour certaines atrophiées. Parmi eux, des voix plaident pour une autonomie stratégique, à l’instar d’Emmanuel Macron. En mars 2026, celui-ci a ainsi ouvert la voie à un partage de la dissuasion nucléaire française. Mais entre divergences de vues, compétition entre partenaires, dépendance aux armes américaines ou encore retard technologique, le chemin vers une défense commune est semé d’embûches...
Course contre la montre
Ce documentaire réunit des experts, des militaires et des responsables politiques de plusieurs pays – des États baltes à l’Espagne en passant par la France, l’Allemagne et la Pologne – pour explorer les causes de l’aveuglement stratégique européen des dernières décennies et dresser un état des lieux des menaces qui ont conduit au réveil. Alors qu’une course contre la montre est désormais engagée pour le réarmement, le film interroge également les moyens à mettre en œuvre pour renforcer la souveraineté et la résilience de l’Europe dans un contexte de retour de la conflictualité et d’affaissement du droit international.
Une pénétrante métaphore de la colonisation de la Palestine.
Dans les années 1980, le futur réalisateur israélien Daniel Mann, comme beaucoup d'autres gamins de son âge, découvre avec excitation que Sylvester Stallone, auréolé de la gloire des deux premiers Rambo, s’apprête à débarquer dans son pays pour tourner le troisième volet de la série dans le désert du Néguev. Alors que la guerre fait toujours rage en Afghanistan, le film met en scène le ralliement du héros, venu sauver un ami de la CIA, au combat des moudjahidine contre les troupes soviétiques. Daniel Mann ne sait pas encore que ces terres arides et "vides", dont les Bédouins ont été violemment chassés au fil du temps, sont régulièrement proposées à l'industrie américaine du cinéma – contre une confortable rétribution – par l'armée israélienne, qui offre également en option l'usage de son propre armement. À la lumière d’archives déclassifiées de Tsahal et dans les pas de Bashir, un peintre, accessoiriste et militant bédouin qui travailla jadis sur le tournage, le réalisateur en revisite les lieux. Saisissante méditation par et sur l'image, son film sonde le rôle du cinéma dans la construction d’un imaginaire colonial du territoire, qui parachève et masque en même temps la dépossession méthodique des terres palestiniennes au profit de l'État hébreu.
La piste Rambo
Pour rendre plus "afghan" le Néguev, et accréditer l'idée de hautes montagnes au sommet enneigé, la lumière du soleil fut parfois bleutée lors des prises de vue de Rambo III. Cette distorsion de la réalité pourrait paraître anecdotique mais Daniel Mann fait de son cheminement le long du "Rambo Trail" – devenu une destination touristique à part entière en Israël – un pénétrant outil de déconstruction. Grâce notamment au récit de Bashir et à la précision de sa mémoire, son film-essai dévoile derrière les truquages du blockbuster ceux que les vainqueurs infligent aux faits. Tous deux, témoin et réalisateur, font ainsi apparaître en creux l'histoire longue du conflit israélo-palestinien et sa représentation tronquée, qui prend soin d'effacer les voix des victimes et les traces de leur spoliation.
Une passionnante exploration d’une œuvre hors normes.
À la chapelle Sixtine, au cœur du Vatican, Michel-Ange réalise deux exploits sidérants, qui occuperont au total près de dix ans de sa vie. Pour le pape Jules II, il a d’abord conçu le décor de la voûte, figurant la création du monde. Trente ans plus tard, Clément VII lui commande une nouvelle œuvre : une fresque du Jugement dernier qui figurera sur le mur derrière l’autel. Un défi qu’il relève presque seul, en cinq années harassantes. Dévoilée en 1541, la fresque monumentale (180 mètres carrés et plus de 300 personnages !), d’une brutalité inédite, est d’abord reçue comme un chef-d’œuvre. Mais le scandale ne tarde pas à surgir : alors que le sujet n’imposait pas la nudité, aucun voile ne dissimule les organes sexuels des saints, des anges et des hommes… Le christ a perdu sa barbe ; les anges, leurs ailes. Dans le groupe des élus, jugés digne du paradis, on observe de curieuses étreintes entre personnage masculins. Avec ses corps aux muscles saillants comme des écorchés, la scène est traversée par une angoisse palpable. Alors que l’Église traverse une crise sans précédent, menacée par la révolte protestante, l’œuvre de Michel-Ange, accusée d’obscénité, devient un élément de débat central… Vingt ans plus tard, la sentence tombe : le Jugement dernier est censuré. Les travaux de "re-culottage" commencent au lendemain de la mort, en 1564, de l’artiste, qui aura vu dans cette controverse teintée de médisance l’ultime drame de son existence.
Autoportrait
Auprès de conservateurs, ce documentaire examine à la loupe la fresque du Jugement dernier, œuvre en tous points hors normes qu’il replace dans son contexte historique – celui d’une papauté en crise – et biographique. Pour Michel-Ange, il s’agit d’un testament artistique, point d’orgue d’une carrière épuisante au service de neuf papes – mais c’est avant tout un travail éminemment personnel, synthèse d’une vie entière d’étude du corps humain, où se lit une puissante tension entre sensualité teintée d’homoérotisme et épouvante devant la mort. En cela, on peut lire ce Jugement dernier comme un gigantesque autoportrait, faisant écho aux tentatives désespérées de Michel-Ange de sublimer ses désirs charnels.
À peine sortis du collège, ces ados apprennent à servir impeccablement à table.
"Ici, personne n’est là par choix." Ces élèves de l’École hôtelière de Paris l’avouent sans fard : ils auraient préféré la filière générale, plus prestigieuse. Tirés à quatre épingles et disséminés entre les cuisines et la salle, ils se forment en situation réelle, en servant les plats à de vrais clients. Situé non loin du parc Monceau, leur établissement est coté et l’apprentissage se fait dans les règles de l’art. "Si vous êtes ici, c’est pas pour travailler dans des bouis-bouis, sinon ça sert à rien", assène un enseignant. La liste des plats à annoncer, le délicat maintien d’un morceau de pain entre une fourchette et une cuillère, l’ouverture d’une bouteille de vin : tout donne du fil à retordre à ces adolescents vifs à l’œil rieur. Comme ses autres camarades en salle, Elma a interdiction de s’asseoir et se mord les doigts d’avoir mis des talons ("Mes jambes sont en train de me lâcher !"). Plongée avec ses élèves dans le service, une formatrice ne les lâche pas d’une semelle. Elle soupire parfois devant ces gamins peu impressionnés par l’autorité, souvent rétifs au rôle de composition qu’une orientation en lycée pro, la plupart du temps à la suite d’un échec scolaire, leur a fait endosser.
Précipités dans l’âge adulte
Au fil de l’apprentissage et des stages, certains lycéens prendront goût au métier, d’autres renâcleront. Beaucoup auront la sensation d’avoir été précipités dans l’âge adulte et précocement mis au service des autres. "Ce métier, qui est super beau, il n’est pas considéré par certains clients", déplore un jeune homme. Fine mouche, la caméra de Julie Talon capte les gestes précis exigés, le soutien rude mais réel de la maîtresse d’apprentissage, le sexisme latent d’un milieu professionnel qui privilégie le paraître et où les filles sont souvent félicitées pour leur beauté, les fous rires et les confidences livrées entre deux services. En cinéma direct, sous le regard complice d’une réalisatrice habituée à filmer la jeunesse (Préliminaires, diffusé par ARTE en 2021), une immersion fiévreuse auprès d’élèves confrontés au déterminisme social, qui tentent de trouver leur voie.
Autrefois terre d’immigration, il est aujourd’hui l’un des fers de lance de la politique anti-migrants menée par Donald Trump. Porté par le pétrole et l’IA, le Texas attire des entreprises influentes, à commencer par celles d'Elon Musk, allié puissant du président américain.
La présentation en sélection officielle à Cannes de "La bataille De Gaulle", avec Simon Abkarian dans le rôle du général (et futur président de la République) Charles De Gaulle nous a donné envie, par extension, d’un sujet dans "Blow up" sur les présidents français au cinéma.
Le 27 janvier 2026, Narendra Modi, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et Antonio Costa, le président du Conseil européen, ont signé un accord historique, commercial et sécuritaire, rendu possible par le contexte géopolitique.
Les Européens choisissent donc de miser sur l’Inde, et réciproquement, même si l’UE sait que le pays de Narendra Modi joue plusieurs cartes diplomatiques à la fois, celle des BRICS+ notamment.
Bruce Beresford signe une comédie mélancolique dont le charme tient beaucoup à son irrésistible duo d'acteurs, Jessica Tandy et Morgan Freeman.
Atlanta, fin des années 1940. Après un accident de voiture qui a failli lui coûter la vie, Daisy Werthan, une vieille lady juive, indocile institutrice à la retraite, se voit contrainte par son fils de prendre un chauffeur. Recruté, Hoke, un sexagénaire noir philosophe, va alors déployer des trésors de patience et d'humour pour apprivoiser le dragon au cœur verrouillé, qui ne cesse de maugréer sur la banquette arrière. Peu à peu, une amitié se noue entre "Miss Daisy" et son chauffeur.
De peu de mots
Adaptée d'une pièce de théâtre, cette comédie mélancolique de Bruce Beresford, sur laquelle les studios hésitaient à parier, connut contre toute attente un grand succès public à sa sortie, avant de rafler une moisson de prix. C'est que cette histoire d'amitié de peu de mots entre deux êtres au crépuscule de leur vie touche par sa simplicité et son rythme – Miss Daisy déteste la vitesse, et raffole d'interminables parties de mah-jong. Elle apprend à lire à Hoke, et lui sait bien qu'il lui tient compagnie, même si elle s'en défend. Sur fond de Sud ségrégationniste, et au lendemain du désastre en Europe, que la vieille dame évite d'évoquer, la ligne des voitures se modernise, marquant le temps qui passe, jusqu'aux années 1970. Si le film n'évite pas les clichés hollywoodiens sur l'Afro-Américain au grand cœur, son charme tient à l'humour et à l'irrésistible numéro composé par ses acteurs, le classieux Morgan Freeman, jamais dupe de sa partition trop huilée, et la très Anglaise et drolatique Jessica Tandy. Logiquement primés pour leur performance, tous deux lui insufflent de la finesse.



