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Une pénétrante métaphore de la colonisation de la Palestine.
Dans les années 1980, le futur réalisateur israélien Daniel Mann, comme beaucoup d'autres gamins de son âge, découvre avec excitation que Sylvester Stallone, auréolé de la gloire des deux premiers Rambo, s’apprête à débarquer dans son pays pour tourner le troisième volet de la série dans le désert du Néguev. Alors que la guerre fait toujours rage en Afghanistan, le film met en scène le ralliement du héros, venu sauver un ami de la CIA, au combat des moudjahidine contre les troupes soviétiques. Daniel Mann ne sait pas encore que ces terres arides et "vides", dont les Bédouins ont été violemment chassés au fil du temps, sont régulièrement proposées à l'industrie américaine du cinéma – contre une confortable rétribution – par l'armée israélienne, qui offre également en option l'usage de son propre armement. À la lumière d’archives déclassifiées de Tsahal et dans les pas de Bashir, un peintre, accessoiriste et militant bédouin qui travailla jadis sur le tournage, le réalisateur en revisite les lieux. Saisissante méditation par et sur l'image, son film sonde le rôle du cinéma dans la construction d’un imaginaire colonial du territoire, qui parachève et masque en même temps la dépossession méthodique des terres palestiniennes au profit de l'État hébreu.
La piste Rambo
Pour rendre plus "afghan" le Néguev, et accréditer l'idée de hautes montagnes au sommet enneigé, la lumière du soleil fut parfois bleutée lors des prises de vue de Rambo III. Cette distorsion de la réalité pourrait paraître anecdotique mais Daniel Mann fait de son cheminement le long du "Rambo Trail" – devenu une destination touristique à part entière en Israël – un pénétrant outil de déconstruction. Grâce notamment au récit de Bashir et à la précision de sa mémoire, son film-essai dévoile derrière les truquages du blockbuster ceux que les vainqueurs infligent aux faits. Tous deux, témoin et réalisateur, font ainsi apparaître en creux l'histoire longue du conflit israélo-palestinien et sa représentation tronquée, qui prend soin d'effacer les voix des victimes et les traces de leur spoliation.
Une passionnante exploration d’une œuvre hors normes.
À la chapelle Sixtine, au cœur du Vatican, Michel-Ange réalise deux exploits sidérants, qui occuperont au total près de dix ans de sa vie. Pour le pape Jules II, il a d’abord conçu le décor de la voûte, figurant la création du monde. Trente ans plus tard, Clément VII lui commande une nouvelle œuvre : une fresque du Jugement dernier qui figurera sur le mur derrière l’autel. Un défi qu’il relève presque seul, en cinq années harassantes. Dévoilée en 1541, la fresque monumentale (180 mètres carrés et plus de 300 personnages !), d’une brutalité inédite, est d’abord reçue comme un chef-d’œuvre. Mais le scandale ne tarde pas à surgir : alors que le sujet n’imposait pas la nudité, aucun voile ne dissimule les organes sexuels des saints, des anges et des hommes… Le christ a perdu sa barbe ; les anges, leurs ailes. Dans le groupe des élus, jugés digne du paradis, on observe de curieuses étreintes entre personnage masculins. Avec ses corps aux muscles saillants comme des écorchés, la scène est traversée par une angoisse palpable. Alors que l’Église traverse une crise sans précédent, menacée par la révolte protestante, l’œuvre de Michel-Ange, accusée d’obscénité, devient un élément de débat central… Vingt ans plus tard, la sentence tombe : le Jugement dernier est censuré. Les travaux de "re-culottage" commencent au lendemain de la mort, en 1564, de l’artiste, qui aura vu dans cette controverse teintée de médisance l’ultime drame de son existence.
Autoportrait
Auprès de conservateurs, ce documentaire examine à la loupe la fresque du Jugement dernier, œuvre en tous points hors normes qu’il replace dans son contexte historique – celui d’une papauté en crise – et biographique. Pour Michel-Ange, il s’agit d’un testament artistique, point d’orgue d’une carrière épuisante au service de neuf papes – mais c’est avant tout un travail éminemment personnel, synthèse d’une vie entière d’étude du corps humain, où se lit une puissante tension entre sensualité teintée d’homoérotisme et épouvante devant la mort. En cela, on peut lire ce Jugement dernier comme un gigantesque autoportrait, faisant écho aux tentatives désespérées de Michel-Ange de sublimer ses désirs charnels.
À peine sortis du collège, ces ados apprennent à servir impeccablement à table.
"Ici, personne n’est là par choix." Ces élèves de l’École hôtelière de Paris l’avouent sans fard : ils auraient préféré la filière générale, plus prestigieuse. Tirés à quatre épingles et disséminés entre les cuisines et la salle, ils se forment en situation réelle, en servant les plats à de vrais clients. Situé non loin du parc Monceau, leur établissement est coté et l’apprentissage se fait dans les règles de l’art. "Si vous êtes ici, c’est pas pour travailler dans des bouis-bouis, sinon ça sert à rien", assène un enseignant. La liste des plats à annoncer, le délicat maintien d’un morceau de pain entre une fourchette et une cuillère, l’ouverture d’une bouteille de vin : tout donne du fil à retordre à ces adolescents vifs à l’œil rieur. Comme ses autres camarades en salle, Elma a interdiction de s’asseoir et se mord les doigts d’avoir mis des talons ("Mes jambes sont en train de me lâcher !"). Plongée avec ses élèves dans le service, une formatrice ne les lâche pas d’une semelle. Elle soupire parfois devant ces gamins peu impressionnés par l’autorité, souvent rétifs au rôle de composition qu’une orientation en lycée pro, la plupart du temps à la suite d’un échec scolaire, leur a fait endosser.
Précipités dans l’âge adulte
Au fil de l’apprentissage et des stages, certains lycéens prendront goût au métier, d’autres renâcleront. Beaucoup auront la sensation d’avoir été précipités dans l’âge adulte et précocement mis au service des autres. "Ce métier, qui est super beau, il n’est pas considéré par certains clients", déplore un jeune homme. Fine mouche, la caméra de Julie Talon capte les gestes précis exigés, le soutien rude mais réel de la maîtresse d’apprentissage, le sexisme latent d’un milieu professionnel qui privilégie le paraître et où les filles sont souvent félicitées pour leur beauté, les fous rires et les confidences livrées entre deux services. En cinéma direct, sous le regard complice d’une réalisatrice habituée à filmer la jeunesse (Préliminaires, diffusé par ARTE en 2021), une immersion fiévreuse auprès d’élèves confrontés au déterminisme social, qui tentent de trouver leur voie.
Autrefois terre d’immigration, il est aujourd’hui l’un des fers de lance de la politique anti-migrants menée par Donald Trump. Porté par le pétrole et l’IA, le Texas attire des entreprises influentes, à commencer par celles d'Elon Musk, allié puissant du président américain.
La présentation en sélection officielle à Cannes de "La bataille De Gaulle", avec Simon Abkarian dans le rôle du général (et futur président de la République) Charles De Gaulle nous a donné envie, par extension, d’un sujet dans "Blow up" sur les présidents français au cinéma.
Le 27 janvier 2026, Narendra Modi, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et Antonio Costa, le président du Conseil européen, ont signé un accord historique, commercial et sécuritaire, rendu possible par le contexte géopolitique.
Les Européens choisissent donc de miser sur l’Inde, et réciproquement, même si l’UE sait que le pays de Narendra Modi joue plusieurs cartes diplomatiques à la fois, celle des BRICS+ notamment.
Une captivante enquête archéologique qui livre un précieux témoignage sur l'art funéraire de l'Ancien Empire.
Au sein de la vaste nécropole de Saqqara, qui s'étend sur des kilomètres dans le désert près du Caire, le site funéraire du roi Pépi 1er impressionne par son ampleur. La pyramide royale est entourée de celles plus modestes des épouses du pharaon et des tombes de hauts dignitaires du royaume. Rectangulaires, ces mastabas en calcaire, aujourd'hui en ruine, ressemblaient à de grandes maisons de pierre. En fouillant l'un d'eux, les chercheurs de la mission franco-suisse de Saqqara, dirigée par l'égyptologue Philippe Collombert, se retrouvent confrontés à un mystère : les bas-reliefs qui relatent la vie du défunt sont quasiment identiques à ceux du tombeau d'Ouni, puissant vizir de Pépi 1er, découverts dans une autre nécropole à Abydos, à 400 kilomètres de distance… Pourquoi Ouni aurait-il eu deux tombeaux ? Une fois la piste de l'usurpateur écartée et l'identité du vizir avérée sur les inscriptions des deux sépultures, archéologues et égyptologues tentent de comprendre où cet éminent personnage a réellement été enterré. Et comment interpréter cette étrangeté au regard des croyances égyptiennes et des changements en cours dans le royaume à cette période ?
Les secrets d'Ouni révélés
Au fil des fouilles, de nombreux indices exhumés des sables aident à résoudre l'énigme. Des vestiges d'une qualité exceptionnelle sont mis au jour, dont de spectaculaires blocs sculptés, qui ornaient autrefois les pièces principales du tombeau du vizir Ouni, ainsi que des statues et d'intrigantes céramiques. Les scientifiques découvrent aussi une tombe adjacente plus réduite. Parfaitement conservée, cette véritable œuvre d'art, ornée d'extraordinaires peintures colorées, appartient à un grand médecin du royaume, Teti Neb Fu. Accompagnant sur le terrain les chercheurs dans leur quête, ce documentaire retrace une aventure archéologique hors normes, qui livre de précieux témoignages sur les secrets de l'art funéraire de l'Ancien Empire, le premier âge d'or de l'Égypte ancienne, mais aussi sur cette période tumultueuse d'intrigues de cour et de profonds bouleversements de l'ordre social.
Entre 2002 et 2011, des employés de la famille royale, des politiques, des anonymes et même des victimes de crime ont été espionnés via des milliers d’écoutes téléphoniques illégales orchestrées par News of the World, le tabloïd phare de Rupert Murdoch. Jack Thorne (Adolescence) retrace ce scandale majeur dans un thriller mordant et brillamment interprété.
Épisode 1
Londres, décembre 2008. Journaliste d’investigation freelance pour le Guardian, Nick Davies est informé par une source anonyme de pratiques généralisées d’écoutes téléphoniques illégales orchestrées par le tabloïd hebdomadaire News of the World, fleuron du groupe de presse créé par le magnat Rupert Murdoch, avec la complicité de policiers. Très vite, il réalise qu'Andy Coulson, ex-rédacteur en chef du journal ayant démissionné suite à un premier scandale – le piratage prouvé des messageries d'employés de la famille royale – pourrait être impliqué. Désormais directeur de la communication du Parti conservateur, dont est membre David Cameron, probable futur Premier ministre, Coulson, comme toute la direction du tabloïd, affirme que ce manquement passager a été l'œuvre d'un journaliste véreux, licencié et condamné en justice. Après avoir convaincu Alan Rusbridger, son rédacteur en chef et ami, Nick se lance dans une enquête à haut risque pour faire éclater la vérité, malgré le silence assourdissant du reste de la presse et l’obstruction de Scotland Yard…



